Quand un médicament modifie l'effet d'un autre médicament présent au même moment dans l'organisme, on dit qu'il y a interaction médicamenteuse. Celle-ci peut être positive et voulue, ou bien négative, et à éviter. Mais, dans tous les cas, les mécanismes sont les mêmes.
On appelle interactions médicamenteuses les réponses qui résultent de la prise d'un ou plusieurs médicaments et qui sont différentes des effets connus ou attendus de chacun d'entre eux pris séparément. Si certaines sont négatives, d'autres, en revanche, sont recherchées car elles sont bénéfiques. C'est le cas des trithérapies données aux personnes traitées pour le VIH (sida).
Mais, en règle générale, les interactions médicamenteuses sont à éviter, car elles peuvent entraîner soit l'échec d'un traitement, soit une amplification des effets prévus, soit des effets toxiques graves, voire mortels. Par quels mécanismes ?
L'ensemble de ces interactions entre médicaments se retrouve quelle que soit la forme d'administration (orale, intraveineuse, intramusculaire, suppositoire, etc.).
Mais, pour exemple, parce que c'est le plus fréquent, suivons un médicament pris par la bouche. Son absorption se fait essentiellement au niveau de l'estomac et de l'intestin, puis il séjourne dans le foie, où un ou plusieurs enzymes interviennent, si nécessaire, pour l'activer, le couper, le transformer... en "produit" capable de circuler dans le sang et d'agir là où il faut. Le tout est ensuite éliminé, notamment par les urines après être passé par les reins.
A chacune de ces étapes, des interactions peuvent avoir lieu, notamment si les médicaments sont consommés en même temps. Ainsi, les produits agissant sur le transit, les pansements gastriques, les antiulcéreux... modifient l'absorption intestinale des autres thérapeutiques ; ils la diminuent. L'ingestion simultanée de calcium et de magnésium annule l'effet des deux produits
Médicaments contre-indiqués pour une certaine maladie, remèdes qui ne s'entendent" pas entre eux, produits que notre corps ne supporte pas... la liste est longue, et celle des risques que l'on prend à se soigner soi-même, sans prendre conseil auprès de personnes compétentes, aussi. Tentons de comprendre pourquoi.
Médicaments contre-indiqués pour une certaine maladie, remèdes qui ne "s'entendent" pas entre eux, produits que notre corps ne supporte pas... la liste est longue, et celle des risques que l'on prend à se soigner soi-même, sans prendre conseil auprès de personnes compétentes, aussi. Tentons de comprendre pourquoi.
Les médicaments efficaces ont toujours des effets secondaires à prendre en considération car certains peuvent être dangereux. Ils sont le plus souvent connus et peuvent donc être évités. Ainsi, les anti-inflammatoires non stéroïdiens sont parfois à l'origine des pathologies digestives comme les ulcérations d'estomac. Bien sûr, si vous consultez un médecin alors que vous avez déjà souffert de cette maladie, il pourra quand même décider de vous prescrire un anti-inflammatoire. Mais, en même temps, il vous invitera à prendre un protecteur gastrique. Cela pour éviter le plus possible toute action indésirable du médicament. En revanche, ne décidez jamais tout seul de prendre un tel traitement. Vous vous exposez à des accidents.
De nombreux médicaments sont contre-indiqués avec des maladies (qu'on les connaisse ou pas) dont on souffre déjà. Par exemple, les gouttes auriculaires qui contiennent un aminoside (antibactérien) sont dangereuses pour l'audition si on les met dans une oreille dont le tympan est percé. Certains sirops contre la toux, associés à des produits tranquillisants comme les benzodiazépines, peuvent provoquer des "dépressions respiratoires" chez les personnes qui ont une insuffisance respiratoire, mais aussi chez les vieillards, parce qu'avec l'âge, les difficultés à respirer augmentent.
N'oublions pas non plus qu'un médicament "autoprescrit" peut contrarier ou, à l'inverse, augmenter de façon dangereuse l'action d'un produit donné pour une maladie précise.
Parfois, on pense être à l'abri en prenant "uniquement" des médicaments connus, n'ayant pas, le plus souvent, d'effets secondaires notables. Et pourtant, on oublie que, sous des noms différents, ils peuvent contenir les mêmes molécules. On risque alors de se retrouver "en surdosage". L'exemple le plus fréquent est le paracétamol, que l'on rencontre dans des produits achetés aussi bien avec ou sans ordonnance.
Mais il ne faut pas toujours "accuser" ce qui est censé nous soigner. Il arrive que l'on soit allergique à certaines molécules, ou aux excipients qui servent à fabriquer le comprimé, la gélule... Evidemment, on ne doit absolument pas prendre un de ces produits si l'on sait y être allergique. Et il faut prévenir le médecin lorsqu'il rédige votre ordonnance. D'ailleurs, en étant attentifs, vous constaterez qu'avant de vous prescrire de telles thérapeutiques, il vous questionne systématiquement sur une éventuelle allergie.
Plus compliqué encore, ce sont les "allergies croisées. Elles surviennent lorsqu'on est allergique non pas à un seul produit, mais à plusieurs de la même famille. Cela peut arriver par exemple avec les bêtalactamines, des antibiotiques pourtant extrêmement efficaces.
Il est vrai que l'on est souvent tenté de soigner tout seul les petits bobos quotidiens. On le fait en oubliant tous les risques que l'on encourt. Les médicaments ne sont pas des bonbons. Leur action sur l'organisme, même si elle est recherchée, n'est jamais anodine. Il faut savoir les prendre quand cela est nécessaire, et respecter scrupuleusement des indications données par votre médecin ou votre pharmacien.
France Garcia-Ficheux
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